La vie du projet

Programmer, c’est aussi pour les petits !

Publié le lundi 25 juin 2018 20:46 - Mis à jour le jeudi 30 août 2018 11:07
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Quand le numérique et la robotique à l’école viennent au service de projets en maternelle, l’imagination n’a aucune limite. Fleurissent alors des propositions pédagogiques complètes pour un investissement total et immédiat des élèves.

(image d'illustration et photographies de l'article : école Peri-Curie [photographies retravaillées])

C’est à l’occasion d’une médiatisation (suite à un prêt de robots) que nous avons découvert les riches projets du versant maternelle de l’école Péri-Curie d’Annay (circonscription de Vendin le Vieil). A l’occasion de cette réception, les enseignantes investies dans le projet ont donné à voir les productions finales à un public venu nombreux, composé de parents, de personnels de l’Education Nationale ou encore du maire de la commune.

A l’origine du projet, Madame Defrance, enseignante de la classe de TPS-PS et directrice de l’école, ainsi que Madame Goretti, enseignante de la classe de MS-GS, ont reçu en prêt un lot de robots Blue-Bot, permettant de travailler la programmation avec les plus jeunes élèves. La dotation est intéressante, encore faut-il trouver les pistes d’exploitation les plus adaptées aux autres projets de l’année scolaire.
C’est la littérature de jeunesse qui est venue établir le lien entre les élèves et « les petits nouveaux électroniques ». La classe de Madame Defrance est partie dans l’exploitation du livre « Robert et le robot » (Eva Schwab – l’école des loisirs), où un petit garçon cherche une solution miracle pour ranger sa chambre, et tombera sur un robot disposé à l’aider. Dans le même temps, la classe de Madame Goretti a découvert « Sur les traces de Têtanlère », de la collection « Les aventures de Pensatou et Têtanlère » (Lou Tarr – éditions EPS). Cet ouvrage est destiné à travailler l’orientation avec les enfants, à travers différentes énigmes qu’ils doivent résoudre en mobilisant de nouvelles connaissances sur les repères spatiaux.

Chez les tout-petits / petits, les aventures de Robert ont notamment permis des activités de langage sur la représentation que les élèves se font des robots : « il fait ça (elle lève les bras et les baisse) » (Anaïs). Par la suite, l’exploitation du recueil a permis de proposer un certain nombre d’activités de motricité, comme le jeu des robots qui obéissent aux ordres du commandant, jeu qui induit les premiers éléments de numération (avancer de un ou deux cerceau(x) …), avec indication par les doigts.
Les temps de motricité devaient plus que jamais être partagés puisque chez les moyens-grands, on s’activait tout autant ! Après avoir marché sur les traces de Têtanlère, fort d’un lexique spatial enrichi, un certain nombre d’activités furent proposés pour permettre aux enfants de s’investir dans les notions de déplacement à consignes, par eux-mêmes ou avec les mascottes des personnages : sur un quadrillage, parcours en salle de jeu, modélisation de parcours, mise en forme de ces parcours inspirés des scènes de l’histoire… Un travail très important appuyé par le langage (exprimer les éléments de parcours) et par une démarche pluridisciplinaire avec les arts (reconstitution des décors en pâte à modeler).

Progressivement, les Blue-Bots sont entrés dans la danse. Du côté des petits, la transition s’est notamment faite autour de la numération : si les élèves peuvent suivre les consignes d’un commandant qui leur indique d’avancer d’un, deux ou trois cerceau(x), les robots peuvent également avancer de un, deux ou trois. Pour ce faire, il a fallu apprendre à bien repérer et comprendre les boutons : avancer (et appuyer autant de fois que nécessaire), mettre en marche mais aussi effacer la consigne précédente, ou comme le précise un élève : "c'est enlever de la tête du robot".
Dans la classe de Madame Goretti, les Blue Bots ont supplanté progressivement les déplacements des élèves. Après une prise en main des robots, les élèves ont appris à l’utiliser sur des quadrillages d’abord simplifiés, puis à obstacles, reprenant les éléments de l’histoire. Outre la programmation par boutons, la tablette de programmation fut intégrée dans la pratique de la classe. Très vite, il a fallu réfléchir à des déplacements intégrant une orientation gauche et droite, avec le vocabulaire afférant. Cette programmation fut également dématérialisée avec l’usage d’un logiciel sur le tableau interactif.

Une fois ces étapes franchies, les portes des classes concernées se sont grandes ouvertes : explication aux copains des autres classes, notamment les CP pour les élèves de grande section ou la troisième classe de maternelle de l’école, démonstration aux parents... De quoi bien préparer la médiatisation du 21 juin !
Durant celle-ci, les élèves de Madame Defrance ont rendu compte de l’aboutissement du projet : la création d’un jeu avec les Blue-Bots. Sur ce jeu, quatre pistes pour les robots costumés pour l’occasion, un dé allant de un à trois, un grand tapis décoré et un objectif : en lançant le dé, être le premier à voir son robot atteindre la plateforme du centre, matérialisant l’école. Avec concentration, les élèves ont rendu compte de toutes les connaissances acquises, et sont même allés chercher des adultes présents pour les faire jouer en leur expliquant comment passer la consigne aux Blue-Bots !
Pour la classe de Madame Goretti, ce sont divers ateliers qui ont été présentés, reprenant les différentes variantes de programmation impliquant des déplacements : sur le tableau interactif, sur quadrillage, avec un élève passant la consigne à un autre préposé au codage etc… Outre la mise en marche des robots, les enfants ont impressionné l’assistance par le vocabulaire utilisé et par la précision dans la passation de consigne à autrui.

Et l’ENT dans tout cela ? L’Environnement Numérique de Travail a été considéré comme un outil à la communication face à ces projets d’envergure. A l’instar du cahier de vie ou de productions qui s’est forcément rempli rapidement, les enseignantes ont eu à cœur de faire vivre l’évolution des travaux pour les familles, et ce des prémices jusqu’à la conclusion.
Si quelques ressources ont été publiées sur le blog de classe, le choix a été fait de créer une rubrique privée intitulée « classes mobiles », et deux sous-rubriques relatives aux projets des deux classes. Cette rubrique n’est disponible que pour le public autorisé des parents de chaque classe, sécurisant ainsi le contenu, notamment les nombreuses photos des élèves en action. Outre la communication à destination des familles, les articles édités forment un véritable carnet de route pour les deux projets, que l’on suit ainsi étape par étape au gré des publications. Un véritable usage fonctionnel des possibilités offertes par l’ENT.

Félicitations aux enseignantes pour ces projets de grande qualité, et pour la richesse des propositions qui dépassent largement les prémices d’apprentissage du codage. Le meilleur témoignage demeure encore la grande autonomie dont ont fait preuve les élèves tout au long de cet après-midi de restitution.